Il importe de souligner que c’est une interrogation, car par les temps qui courent l’on n’est plus sûr de rien. Où la vérité ? Du côté d’elle-même ou de l’absurdité ?
50.000 cartes d’électeur volées, reconnues et proclamées comme volées. Puis patatras, rien de tout cela et surtout pas de vol. Il ne s’est jamais agi que d’une simple tentative de manipulation sur
des listes électorales. Et comme les fameuses listes n’existaient pas encore, on n n’a pas pu tenter de les manipuler. Affaire non lieu. Logique mais bizarre. Le Procureur de la République
interjette appel. Aux dernières nouvelles, il aura purement et simplement retiré son appel. Pour la paix sociale, il paraît. Pour la paix sociale jusqu à quand ? Car si malgré les dénégations,
50.000 cartes ont été distraites dans le littoral et quelques autres milliers dans les onze autres départements, on imagine aisément les faux-monnayeurs de circonstance mettre à profit ladite paix
sociale pour organiser dans les officines spécialisés le recyclage et le dispatching des cartes soustraites dans des bureaux fictifs à urnes fictives. Une grosse usines de fraude. Tant et si bien
que, au soir déjà du 20 avril, le bon électeur de base, ne se retrouvant pas dans ses espérances, pourrait être tenté de ruer dans les brancards quitte à transformer la paix sociale en mouvements
de rue, de cri et de bâton. Gouverner c’est prévoir. Et le Gouvernement doit d’ores et déjà prévoir et prévenir ces aléas. La plus grande vigilance. Une surveillance tous azimuts. La démocratie, ce
n’est pas le laisser-faire pour la paix sociale, c’est le respect des règles pour la paix sociale. Et pour obtenir ce respect des règles, le gouvernant démocratique a besoin du bâton plus souvent
que de la carotte. Et ce , d’autant plus que les pourfendeurs de la démocratie se font de plus en plus nombreux, recrutés essentiellement dans la classe politique. Non pas qu’ils soient
fondamentalement opposés à l’esprit de La Conférence nationale – ils y ont participé – ni au Renouveau démocratique qui en est sorti – ils en sont les acteurs – Mais ils pensaient que jusqu’à leur
mort, ils se passeraient la balle démocratique et que le Renouveau démocratique se limiterait à un je t’aime moi non plus et même à une espèce de ‘‘tokunuvìsó’’ (à la mort du père le fils lui
succède). Le peuple béninois a dit non à ces deux schémas dont il voit pourtant l’application ici et là autour de lui. La classe politique béninoise ne suit pas tout à fait le peuple, elle ne se
remet pas de son choix, elle n’en revient pas. Et les alliances les plus mauvaises, les plus contre-nature – jusqu’au péché contre l’Esprit – sont bonnes pour tenter de détourner le peuple de son
choix démocratique. Tenez ! le maire sortant de l’endroit dit Z vient de mourir après une maladie infiniment courte. Il est vrai que vingt-quatre heures auparavant, au plus rugissant de la campagne
commençante, la colère en tête et la rage au poing, on lui avait annoncé publiquement que son camp politique, que son choix politique, n’était pas de nature à lui permettre de voir les élections se
dérouler. C’est fait : il ne verra pas les élections se dérouler. Simple coïncidence ou ce qui a été dit a été fait ? Allez savoir ! Il paraît d’ailleurs que, dans ces affaires d’ombre, de nuit et
de nuisance, nous sommes rudement efficaces. Mais retenons notre plume : sans preuve irréfutable (que nous n’obtiendrons jamais), n’accusons personne de la mort subite du maire sortant et candidat
à sa propre succession. Retenons uniquement l’évidence : il est gros, très gros de s’en prendre mortellement dans le verbe à quelqu’un pour son choix politique. Sommes-nous encore en démocratie ?
Le Gouvernement a fort à faire pour nous fixer en démocratie. Il a fort à faire pour arrêter meurtres, braquages, système de fraude que l’on essaimera ici et là pour enlaidir la démocratie et
amener le peuple à la rejeter. La notion de transparence sur fond d’opacité est une vue absurde de l’esprit. Il n’y a de transparence que sur fond de pais sociale réelle. Que se mette à l’œuvre le
Gouvernement !